Dimanche, quand le rideau s'est refermé pour la dernière fois sur la scène du Royal Palace à Kirrwiller, l'heure des vacances a sonné pour la troupe.L'atmosphère pour cette dernière représentation donnée en matinée était un peu particulière. Un mélange d'excitation et de nostalgie naissante. Excitation de la dernière fois après onze mois de travail et 240 spectacles joués souvent deux fois par jour. Nostalgie de savoir que la communauté qui a vécu ensemble sur scène et en coulisses n'existera plus dans quelques heures.
Avec la dernière note de musique, Artifices, la revue disparaît pour toujours. « Cela fait quelque chose de penser que ça y est. C'est fini. Quand je sortirai de scène, tout va disparaître. Les costumes, les tableaux, les chorégraphies », résume en coulisses une danseuse.
« Le meilleur music-hall de France »
Elle sait déjà qu'elle est reprise pour la saison 2009-2010, donc que son avenir matériel est assuré pour l'année à venir. C'est un soulagement, même s'il reste encore beaucoup d'inconnues. « On ne sait rien du prochain spectacle. Il y a des bruits, des rumeurs, des échos qui circulent, mais rien de sérieux », poursuit-elle.
« Je comptais prendre ma retraite artistique cette année et je voulais le faire ici, à Kirrwiller, parce que c'est de loin le meilleur music-hall de France, à tous points de vue : technique, artistique », raconte Isabelle Larry, qui présente les numéros d'illusion et affiche vingt-cinq années de carrière. Une nouvelle proposition de contrat repoussera d'au moins un an son retrait de la scène.
En coulisses, l'heure des vacances a déjà sonné. Entre deux passages sur scène, les artistes se précipitent sur leur appareil photos pour un dernier souvenir. Les petites acrobates chinoises démontent déjà leur vélo et se font immortaliser aux côtés d'une danseuse deux fois plus haute qu'elles.
Les Berestov, un couple ukrainien, mitraillent tout ce qui passe à leur portée, en particulier leurs enfants qui, vacances scolaires obligent, sont en coulisses.
Les plus pressés ne s'attardent pas. Une heure à peine après le dernier rideau, ils prennent le large après un détour par les bureaux de l'administration pour récupérer le dernier bulletin de salaire. Pour ceux qui participent à la prochaine saison, le compte à rebours est donné. Ils n'auront que trois semaines de vacances, puisque les premières répétitions sont prévues pour le premier août.
Pour les autres, c'est la noble incertitude de l'art. Une danseuse attend une réponse du Moulin Rouge de Paris où elle a réussi les auditions. Si cela ne marche pas, elle retournera aux États-Unis travailler sur les bateaux de croisières qui sillonnent la mer des Caraïbes.
Textes et photo Michel Arnould - www.lalsace.fr