Kirrwiller / Nouveau spectacle du Royal Palace (2 articles)
Toutes jalouses !
« Ce sera un gros, gros spectacle », prévient Pierre Meyer, propriétaire du music-hall. Cette année, la revue s'articule autour de « quatre tableaux, évoquant les différentes facettes de la jalousie ».
Alors que la troupe entame ses dernières répétitions, ce sont les plumes qui attendent jalousement d'être portées. Disposées les unes à côté des autres sur les sièges rouges du théâtre, elles sont, cette année, plus nombreuses que jamais. « On a beaucoup investi dans les plumes, il y en a partout », confie celui qui a monté le théâtre il y a bientôt trente ans.
Cancans survoltés et numéros de cirque bluffants
Sur scène, les 18 membres du ballet alternent danses de cabaret traditionnel et mouvements hip-hop, plus actuels. La plupart sont originaires des pays de l'Est et sortent des meilleures écoles. Ils sont sélectionnés par le chorégraphe et Pierre Meyer lui-même. « Il y a, tous les ans, des auditions en mars à Kirrwiller, mais cette année je n'ai pris personne », explique le propriétaire des lieux, qui recherche des artistes « au top ». Il est donc allé jusqu'en Malaisie pour auditionner une troupe de Biélorussie et d'Ukraine. S'ajoutent quatre Français : un bon chiffre pour ce music-hall qui, d'habitude, ne compte guère plus d'un national dans ses rangs.
Le spectacle d'une heure quarante-cinq fait alterner french cancans survoltés et numéros de cirque bluffants. Mais, cette année, les stars de la troupe sont les chanteurs, au CV impressionnant. « Franck Sherbourne a été chanteur vedette de "Starmania" et Claire Cappelletti a travaillé dans "Notre-Dame de Paris" », rappelle Pierre Meyer. Francesco Denaro, ténor à la Scala de Milan, va également faire trembler les murs du fameux établissement alsacien.
187 000 entrées en 2008-2009, soit 7 000 de plus que l'année précédente
Des têtes d'affiche de rêve, un décor somptueux, 30 000 ¤ de petites lumières, le Royal Palace ne lésine pas sur les moyens. « On essaye de faire de plus en plus fort tous les ans. » La raison ? « Kirrwiller n'est pas une grande ville, il faut faire venir les gens jusque chez nous ». Et des cars entiers n'hésitent pas à faire le voyage pour voir le fameux « Las Vegas en pleine Alsace », dont la fréquentation annuelle a atteint en 2008-2009 187 000 entrées, soit 7000 visiteurs de plus que l'année précédente. Allemands, Suisses, Belges, Luxembourgeois arrivent en nombre pour admirer les mini-shorts et petits hauts à strass des danseuses.
Mais le Royal Palace attire aussi - et surtout - une clientèle régionale d'habitués. C'est pour cela qu'« il faut étonner les gens » avec, tous les ans, un nouveau spectacle toujours plus grandiose.
Pour l'instant, les numéros s'enchaînent et sont patiemment rodés. Les jambes musclées travaillent leur numéro et les plumes virevoltent. Samedi, les jalouses seront bien là. Mais sur scène ou dans les gradins ? Cela reste à voir...
Muriel Dudt
Dès samedi 29 août au Royal Palace de Kirrwiller, Tél: 03 88 70 71 81, www.royal-palace.com.
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La nouvelle saison du Royal Palace a débuté samedi dernier avec « Jalousie », une revue menée par Frank Sherbourne, le chanteur vedette de « Starmania » et Claire Cappelletti, une Haut-Rhinoise originaire d'Ammerschwihr, chanteuse vedette de « Notre-Dame de Paris ».
À l'approche de la première représentation, dans la chaleur de l'été, le Royal Palace de Kirrwiller était une ruche vrombissante. Les artistes répétaient, les peintres, menuisiers, électriciens, charpentiers, etc. s'activaient pour refaire une beauté aux lieux.
Dans la salle de spectacle, les 18 danseurs enchaînaient les répétitions pendant que s'affairaient les ingénieurs du son et l'ingénieur lumière, une Australienne qui depuis deux ans fait le tour du monde pour venir, deux semaines, mettre au point les éclairages. « C'est tellement beau, l'Alsace, avec ses forêts, ses champs, ses fleurs alors que chez nous, en Australie, c'est la sécheresse », raconte-t-elle.
À deux pas, le chorégraphe, en pleine discussion avec son assistante. Lui aussi est Australien, basé à Londres, jonglant avec les fuseaux horaires pour mettre au point des spectacles à travers le monde. Avant Kirrwiller, il était en Corée du sud.
Cette année les danseurs et danseuses sont en majorité ukrainiens, débarqués en Alsace via la Malaisie. « Cette année, au lieu de faire des auditions de recrutement à Kiev, comme les années précédentes, j'ai pris l'avion pour aller à Genting, », raconte Pierre Meyer.
Des Ukrainiennes recrutées en Malaisie
Situé à une heure et demie de la capitale Kuala-Lumpur, Genting est un immense complexe de tourisme bâti dans la forêt malaisienne, avec des milliers de chambres d'hôtels, des casinos, des salles de spectacles, des music halls et des milliers de chambres d'hôtels. On y trouve une copie, réduite, de la tour Eiffel mais aussi une reconstitution de Venise et... de Colmar !
Là-bas, Pierre Meyer a recruté quatre danseurs, trois danseuses et deux joueuses de saxophone, tous originaires de l'ex-URSS.
En parcourant les chantiers de son établissement, Pierre Meyer s'amuse. « La TVA dans la restauration a baissé, alors on investit... » Nouvelle scène pour le Majestic, le restaurant de 800 places, nouvelles loges pour les artistes pour 150 000 euros, nouvelle régie son et une ½nothèque au sous-sol où seront exposées quelques-unes de ses bouteilles de collection telles qu'une Romanée Saint Vivant 1934, un Château de Pez 1 942.
Mais surtout, Pierre Meyer prépare une surprise pour ses invités : une « Party Küchen ». Il s'agit d'aller chercher son hors d'½uvre directement en cuisine, avec accompagnement musical, et chefs pour se faire servir. « J'ai trouvé l'idée en Allemagne où cela marche très fort. Cela permet aux gens de découvrir les coulisses du restaurant puisqu'ils traverseront la cuisine en action. » Dans un premier temps, l'idée ne sera testée que le week-end tout en laissant la liberté de se faire servir à table à ceux qui ne souhaitent pas se déplacer. C'est pourquoi cette possibilité n'est pas indiquée dans les programmes. C'est la surprise du chef.
Michel Arnould